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mardi 5 août 2003

Questions ? Pourquoi ? Pourquoi pas ?

A- Le monde que nous voyons est pétri d'imperfections, d'injustices, d'hypocrisies et de comédies. Tout se passe comme si l'on avait voulu cacher une vaste conspiration de médiocrité et d'insuffisance qu'avec l'âge, nous découvrons avec tristesse. Nous avons besoin pour vivre de Beauté, d'Harmonie, de Vérité. Nous rêvons d'un idéal à conquérir, à partager. Le quotidien sans perspective est désespérant. Nous espérons vivre sans tricher. Pourquoi pas?

-B- L'usage veut, que l'on cache aux enfants la vérité du monde car il ne s'est pas accompli. Loin de la. On a inventé le père Noël pour l'enfance, puis les valeurs sociales, l'école, le travail, le mariage, les enfants, la famille. Ceux qui ont suivi cette trajectoire ont suivi les valeurs de l'Éternel Biblique, qui a façonné la Terre et tout ce qu'elle contient, puis l'Homme et la Femme. Satisfait de son œuvre, il s'est reposé le septième jour. Comme un conte qui masque la dure réalité du diable qui s'infiltre dans chacun des rouages. Contre lui Dieu ne peut rien d'autre que de mettre en garde. Il propose ses valeurs. Les humains choisissent. Pourquoi pas ?

-C- Que faire devant la tentation? Elle nous hante et engloutie toutes les volontés. Elle est omniprésente: La vraie tentation a toujours été guidée par le Désir, la recherche du Plaisir, en un mot la Jouissance. Nous le savons très vite, nulle jouissance ne peut rivaliser avec celle de l'Amour. Tous les commentaires autour du désir ne feront que converger vers celui-ci. Après avoir découvert les besoins primaires de notre corps, le manger le boire, le copuler, c'est ce dernier, par l'énergie vitale qui le porte qui restera longtemps le centre des enjeux majeurs. Le sexe et la découverte des interdits, des règles millénaires qui ont tenté de le gérer. L'univers le plus pauvre, le plus culpabilisant, le plus névrosant de la connaissance humaine.
Pourquoi ?

-D- Depuis des millénaires, l'initiation sexuelle reste hermétique, secrète, mensongère. Les anciens transmettent leur névrose, leurs frustrations, leurs règles. Les descendants mettent parfois des années à se débarrasser des inhibitions culturelles. Les textes anciens reprennent pour une bonne part les motivations qui ont guidé nos ancêtres. Contrairement à toutes les autres espèces vivantes, l'humain est intelligent. Il pense, invente, explore. Cette liberté, l'histoire l'a amplement démontré, débouche inexorablement sur la débauche en l'absence de codes transmis. Les juifs autour du veau d'or, les Grecs et leur culte de l'homme, les Romains et les perversions qui les ont perdus. A notre époque, la liberté sexuelle, débridée par la pilule contraceptive a fait explosé le SIDA. Les anciens ont toujours espéré au travers des principes religieux maîtriser ou pour le moins guider vers le moindre risque. L'ombre demeure.
Pourquoi ?

-E- Les femmes en ce domaine ont une solide avance. Elles sont capables de vivre une sexualité totale, d'en faire quasiment le tour et de s'enfermer ensuite dans un mariage hyper-conventionnel avec l'élu de leurs fantasmes. Elles deviennent mères et semblent avoir à jamais effacé la libertine de leur histoire. Comment est-ce possible? Peut-on à ce point dissocier dans la même personne deux vies? Il semble que oui. Cette schizophrénie est éminemment humaine. Elle est même nécessaire pour vivre. Elle est née des composantes de la mémoire qui peut mettre en quarantaine des pans entiers de sa propre vie pour permettre de continuer à vivre sur d'autres espérances et d'autres valeurs. On peut rappeler à cet égard le comportement des rescapés de la Shoa. L'oubli est une condition essentielle de la vie. Parfois la résilience de certaines vies est admirable: Anciennes prostituées reconverties, buveurs ou drogués ayant touché le fond et auxquels la vie a donné une nouvelle chance. Pourquoi pas ?

mercredi 14 août 2002

Les Eloges

Élever, éduquer, former, initier, en fin de compte tenter de transmettre ses valeurs à la génération suivante a toujours été la préoccupation dominante de l’espèce humaine. Les autres espèces ont trouvé dans l’instinct le moyen le plus « compact » d’assurer leur survie. Parmi les moyens de conduire cette formation, les deux « outils » majeurs sont restés la punition et la récompense. Dés l’enfance chacun apprend que la punition et son corollaire la douleur, font partie de l’apprentissage et que la gratification en est forcement le pendant. Il est très facile de concrétiser des résultats rapides et précis par la première méthode. Il est aléatoire de ne s’appuyer que sur la seconde. La combinaison des deux, intelligemment dispensée est encore à ce jour la méthode de référence. La notion biblique d’Enfer pour les méchants et de Paradis pour les vertueux reste le socle de la croyance humaine. Si les vertus de la punition sont évidentes et son expérience parentale tout a fait partagée, les aspects réducteurs de la gratification apparaissent moins vite. Il est clair pour un enfant que les cadeaux, les félicitations, la récompense que ses parents, ses tuteurs, ses Maîtres lui ont donnés, l’ont progressivement conditionné a ne retenir pour valables que ses actions reconnues par les siens. Il aura besoin, sa vie durant de ce repère inculqué depuis sa plus tendre enfance. Etre reconnu, être le meilleur, être le premier, lire la fierté dans les yeux de sa mère et plus tard dans ceux de celle qui l’aura remplacée. Ainsi, même très tard dans la vie, même à un niveau de performance très élevé, l’Homme a besoin d’être reconnu dans son effort pour devenir meilleur. Il garde toujours en lui cette programmation initiale, de n’accepter comme critère de mérite que la reconnaissance de l’Autre. La Femme passe bien sur par le même moule, mais son instinct sexuel la préserve d’un conditionnement si simple. Elle garde de l'instinct sa composante majeure: la reproduction. Cette gratification « divine » n’est en rien ou presque éducative. Elle se retrouve chez l’animal. Elle garde néanmoins de son éducation des repères que la simple observation de son environnement familial rendent évidents. La famille est la cellule du tissu social, la mère et le père dont les rôles tendent aujourd’hui à se confondre en sont les acteurs vedettes et sont investis du pouvoir de nommer, de punir ou de gratifier. La Femme n’aura de cesse de chercher l’élu qui lui permettra de réaliser ce binôme. La séduction étant pour elle l’outil majeur pour arriver ses fins, elle garde le temps de sa fécondité les réflexes de son entretien et ne retient du regard de l’Autre que les hommages à sa beauté ou, bien plus tard, à celle de la famille qu’elle a engendrée.

Tout autre est la démarche du chercheur, qui explore des sentiers ou les lauriers sont plus rares car seule l’issue en est décorée. Chemins sans balises mais où souffle un air de liberté que respirent ceux qui ont cessé de faire du regard de l’Autre le garant de l’intérêt de leur démarche. Il règne ici comme une musique nouvelle que n’entendent que ceux aiment l’aventure mais qui comme Ulysse face au chant des sirènes, demandent a l’équipage de les protéger de leur propre folie.

Bronxville 14 Août 02